Sex Education, une saison 3 dérangeante pour porter l’éveil des consciences ?

AlloSérie s’attaque enfin au cas de Sex Education à l’occasion de la sortie de la saison 3, le 17 septembre dernier, sur Netflix.

Sex Education est une série qui suit le quotidien du lycée de Moordale en Angleterre et qui aborde la sexualité des jeunes avec bienveillance. Chez AlloSérie, on aime toutes les séries qui permettent d’éveiller les consciences et de faire évoluer les mentalités.
C’est le cas de Sex Education qui aborde avec humour, mais surtout sans tabou, la sexualité. La série s’adresse à tous et elle est véritablement inclusive !
Depuis sa diffusion sur Netflix en 2019, elle connaît un véritable succès, chez les jeunes mais aussi chez les moins jeunes. De nombreux internautes expriment le fait qu’ils auraient souhaité que cette série voit le jour il y a bien longtemps, cela aurait pu servir à beaucoup de monde. Et on est bien d’accord avec ça.

Attention les lignes qui vont suivre contiennent des spoilers sur la saison 3.

Aimee, Maeve et Otis dans les couloirs du lycée de Moordale – © Netflix

Petit récapitulatif

On avait donc laissé à l’issue de la saison 2 nos personnages après une comédie musicale épique, durant laquelle Adam avouait ses sentiments à Éric et à la suite de laquelle Mr Groff (père d’Adam) était écarté de la direction du lycée.
Otis, le personnage principal (apparemment) laissait un message vocal à Maeve dans lequel il lui déclarait son amour. Que de péripéties donc qui attendaient des développements…

Ola et Maeve entourant la nouvelle principale du lycée, Hope – © Netflix

Mais revenons un petit peu en arrière…

Sex Education c’est quoi ? C’est l’histoire d’un lycée a priori sans histoire dans lequel vient d’être nouvellement transférée Maeve (Emma Mackey), une jeune fille au look et à l’attitude un peu “rebelles” et très intelligente.
Otis (Asa Butterfield) de son côté est le fils de Jean Milburn (incarnée par Gillian Anderson), une sexothérapeute renommée.

Les deux se “lient d’amitié” et ouvrent une “clinique du sexe”. En d’autres termes, moyennant un certain prix, Otis propose des consultations pour tenter de résoudre les problèmes sexuels des lycéens. Maeve s’occupe de la gestion de son emploi du temps et tient les comptes.

Une série nécessaire

C’est donc de ce postulat de départ que démarre Sex Education. Depuis, trois saisons ont déjà été tournées et diffusées ! La 4ème a d’ailleurs été annoncée par Netflix tout récemment.

Sex Education ça cartonne. Pourquoi ? Parce que les scénaristes ont réussi à trouver une recette qui marche. Une série qui informe sur la sexualité, sur TOUTES les sexualités et qui le fait avec bienveillance, toujours et beaucoup d’humour. C’était ce que le public demandait.

L’idée des séries inclusives et avec un scénario ouvert d’esprit (si je peux me permettre) commence à se propager davantage. Pas assez encore malheureusement, mais on gagne du terrain.
Sex Education casse les codes parce que déjà on y voit du sexe, beaucoup de sexe. Sans aucun tabou, partout, souvent. C’est en scène d’ouverture de chaque saison, c’est au milieu ou à la fin d’un épisode. Mais ce n’est pas là pour montrer que du sexe. C’est toujours utile à l’histoire, parce que ce qui va se passer dans ces scènes de sexe, va ensuite être développé dans le scénario.

Sex Education vulgarise le sexe pour pouvoir être compréhensible de tous. Dans la série, il n’y a jamais de jugement, il y a toutes les représentations : l’homosexualité, la non-binarité, l’asexualité, le polyamour… Elle permet aux jeunes de s’émanciper sexuellement et surtout de s’identifier aux personnages.

La série est remplie d’une bonne dose d’humour qui va être le déclencheur d’une histoire au final, toujours plus profonde que l’on croit.

Bon nombre de personnes qui ont vu cette série ont dit qu’ils auraient aimé qu’elle existe quand ils étaient ados. Parce qu’elle sert d’éveil des consciences, mais pas que. Elle valorise l’acceptation de soi et donne même de nombreux précieux conseils quant à la sexualité. Elle vient déconstruire les idées reçues que l’on peut avoir et apporter des réponses à bon nombre de questions sur bon nombre de sujets.

Que penser de la saison 3 ?

La saison 3 de Sex Education est dans la lignée des deux précédentes à quelques différences près…
Déjà, il y a changement de principal du côté du Lycée de Moordale. Exit Michael Groff, le père d’Adam et bonjour Hope (incarnée par Jemima Kirke). Celle-ci fait un premier discours encourageant, qui pouvait augurer de nouvelles perspectives pour le lycée. Malheureusement ce n’est pas ce qui va se produire puisque Hope va prendre des directives de telles sortes qu’elle va éliminer toute notion de sexualité, allant même jusqu’à la diaboliser.

Au delà de sa volonté de transformer l’école en une sorte de couvent militaire, Hope cherche à faire régner la rigueur au sein du lycée. Elle divise certains cours selon les genres (ceux justement sur “l’éducation sexuelle”), instaure un uniforme (genré également)…

Et cela pose problème, parce que tout le monde ne s’identifie pas forcément en tant que femme ou homme et cela exclu de fait les personnes non-binaires.

Les fameux uniformes, portés par Vivienne et Jackson avec Cal au milieu qui ne s’identifie ni en tant que femme, ni en tant qu’homme et qui aimerait porter un uniforme non genré – © Netflix

Elle va même jusqu’à “shamer” publiquement les comportements de certains élèves en les humiliant devant tout le monde et en les forçant à porter une pancarte pour nommer leur “déviance”.

D’un point de vue personnel, j’ai trouvé ça très problématique et très très difficile à regarder. En grande fan de la série, ça m’a été véritablement pénible de voir des scènes pareilles. Scènes qui vont tellement à l’extrême opposé de ce que représente la série. Cela était sans doute fait volontairement ? De manière à choquer pour mettre en valeur les problèmes que posent ce genre de comportements archaïques et humiliants.

Les scénaristes ont peut-être en cela eu recours à un procédé de narration un peu différent de d’habitude, dans le but de véhiculer un message. Il y a sans doute une volonté pour que le téléspectateur comprenne de lui-même. Et il est important de comprendre à quel point ce genre de règle ou de comportement excluants illustrés dans la série, peut profondément blesser les personnes concernées.

L’humiliation des étudiants “déviants” par Hope, une scène dérangeante – © Netflix

Une autre scène très éprouvante (et inutile), et qui aurait aussi mérité un “Trigger warning” (avertissement concernant un contenu pouvant déranger) par Netflix en début d’épisode, c’est la mort du chat lors d’une scène de sexe dans un mobil-home, qui finit écrabouillé par le micro-onde qui tombe de son emplacement suite à la grande vigueur du rapport sexuel…

Pour une série qui est l’incarnation de la modernité, on aurait pu attendre une attention particulière à ces types de scènes par les créateurs de la série et des avertissements pour les téléspectateurs.

De l’utilité d’une saison 4 ?

La saison 3 a été extrêmement bien accueillie par la critique et les téléspectateurs. Brutale, dérangeante, honnête, Sex Education a l’avantage de toujours développer chacun de ces personnages. Rappelons que la série dispose d’une distribution d’ensemble et le fait avec brio. On apprécie en savoir plus sur Ruby, qui tire sans conteste son épingle du jeu dans cette saison 3.

Les histoires amoureuses évoluent. Certaines se brisent comme Adam et Éric (malheureusement), de nouvelles se créent comme Otis et Ruby ou Maeve et Isaac, et certaines évoluent ENFIN. Je pense notamment à Otis et Maeve. De l’ambiguïté est créée aussi entre Adam et Rahim. Où cette relation va t-elle mener ?

Le casting est toujours impeccable concernant cette distribution d’ensemble. Chapeau particulièrement à Gillian Anderson qui incarne Jean Milburn et que l’on a pu remarquer notamment cette année pour son interprétation magistrale de la Dame de Fer dans The Crown.
On note spécialement la scène où Jean est à l’hôpital et se rebelle contre le patriarcat dans toute sa splendeur. Une pure merveille !

Jean enceinte – © Netflix

Alors une saison 4 oui, mais attention. Attention à ne pas tomber dans l’excès et la caricature, et à succomber au phénomène de “la saison de trop”, comme beaucoup de séries avant elle.
Effectivement, on a envie d’en savoir plus et d’avoir un vrai dénouement pour tous les personnages. Mais il faut prendre garde à ne pas trop tirer sur la corde.

On sera là c’est sûr pour analyser la prochaine saison…

Sex Education, 3 saisons (en cours), disponible sur Netflix.

Une saison 3 dans la lignée de la série

Une saison 3 dans la lignée de la série
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La saison 3 de Sex Education reste ancrée dans l'univers de la série et c'est ce qu'on demandait. Les personnages évoluent, et les procédés de narration également. Est-ce toujours efficace ? Bien sûr.
La saison 3 de Sex Education reste ancrée dans l'univers de la série et c'est ce qu'on demandait. Les personnages évoluent, et les procédés de narration également. Est-ce toujours efficace ? Bien sûr.
8/10
Total Score
  • Scénario
    8/10 Très bien
  • Ambiance
    7/10 Bien
  • Personnages
    9/10 Incroyable
  • Musique
    7/10 Bien
  • Intérêt porté à la série
    8/10 Très bien
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