Now Reading:

Pearson : Pourquoi le spin-off de Suits a floppé ?

Au moment de la diffusion de la dernière saison de Suits, une série dérivée de celle-ci était annoncée. L’idée de ce spin-off était prometteuse, puisque le personnage principal, Jessica Pearson, était assez présent dans la série originale mais ne bénéficiait pas de la même exposition que les personnages de Harvey, Mike ou Rachel.

L’idée d’en savoir plus sur ce personnage était donc intéressante, malheureusement cela ne s’est pas traduit au niveau des résultats. Retour sur un spin-off qui n’a pas tenu plus d’une saison.

Retour aux sources

Pearson nous présente donc la nouvelle vie de Jessica Pearson, l’ancienne associée gérante du cabinet dans lequel se passaient les aventures narrées dans Suits. Après avoir sacrifié sa licence à New-York pour sauver Mike, nous la retrouvons à Chicago, faisant sa vie avec Jeff Malone (D.B. Woodside, aperçu notamment dans Lucifer), que nous avions déjà pu voir dans Suits.

Pearson : Pourquoi le spin-off de Suits a floppé ?
La continuité, bonne ou mauvaise idée ? (Photo by: Tyler Golden/USA Network)

Ce spin-off ne se base donc pas sur le passé de Jessica, mais dans la continuité de ses aventures à New-York. Elle se retrouve à travailler pour le Maire de la ville, Bobby Novak, dans un rôle consistant à lui éviter les problèmes et à gérer les possibles poursuites judiciaires qui peuvent le concerner. Elle travaille aussi en collaboration avec les conseillers municipaux, ce qui provoque quelques petites intrigues dans les relations professionnelles au sein de la Mairie de Chicago. 
C’est donc dans un rôle différent de celui qu’on lui connaît que nous la retrouvons dans Pearson. Après avoir géré une grande firme d’avocats, elle se retrouve plongée dans le monde politique. Penchons-nous maintenant sur les différentes promesses proposées par Pearson.

Des promesses difficiles à tenir ?

Comme nous vous l’expliquions dans un autre article, Suits est une série qui avait été très bien accueillie par les fans, jusqu’à même provoquer de nombreuses vocations dans le domaine du droit. Les aventures d’Harvey Specter et de Mike Ross ont fait rêver de nombreuses personnes, les enjeux étaient donc importants pour Pearson, il fallait être à la hauteur de la série d’origine sans pour autant tomber dans la copie, ce qui pourrait lasser les fans.

Le moins qu’on puisse dire, c’est que la “patte” Suits est présente durant ce spin-off. Rien d’étonnant lorsqu’on sait qu’Aaron Korsh est aux commandes de Pearson, lui qui officiait déjà sur la série d’origine. Les différents plans de ville, la façon de commencer les scènes avec une personne rentrant dans un bureau nous font directement faire le lien entre ces deux séries. 

De plus, au-delà des éléments vidéo, les musiques utilisées permettent elles aussi de faire cette connexion. Des musiques toujours groovy, du blues, ou des musiques plus actuelles viennent accompagner les débuts d’épisodes.

Le générique vient aussi s’ajouter à la liste des similitudes, avec les mêmes images du quotidien de Jessica, comme nous pouvions voir ces images de la vie de Mike dans Suits. Pour finir, le générique ne se termine pas sur le nom de la série, Pearson, mais sur ce même nom précédé de la mention “Suits”, comme pour appuyer définitivement la filiation entre les deux séries. 

Pearson : Pourquoi le spin-off de Suits a floppé ?
Un style similaire à Suits, même jusqu’au générique (ⓒ USA Network)

Le format semble donc se prêter à la comparaison, une recette qui a marché dans le passé mais alors, pourquoi cela n’a pas fonctionné pour Pearson ?

Une Jessica Pearson méconnaissable.

Malgré les apparentes similitudes, la saison 1 de Pearson n’a pas trouvé son public et s’est vue annulée en octobre 2019. Alors qu’est ce qui n’a pas marché ? Petits éléments de réponse.

Tout d’abord, pour répondre à cette question, revenons sur les promesses. Car une des choses qui gênent au visionnage de Pearson, c’est bien le rôle que tient Jessica dans cette série. Dans la série d’origine, nous avons affaire à une femme de pouvoir, charismatique et ingénieuse, et on la retrouve ici à la botte du Maire, se faisant balader de tous côtés sans montrer un quelconque trait de pouvoir. Elle est sur plusieurs fronts, sans jamais sembler être en mesure de trouver une solution aux problèmes auxquels elle se confronte. 

Pearson : Pourquoi le spin-off de Suits a floppé ?
Une différence de position entre le Maire et Jessica révélatrice de la hiérarchie entre les deux. (ⓒ USA Network)

Elle qui trouvait toujours les bons mots, la bonne combine pour que tout rentre dans l’ordre dans Suits, Jessica se retrouve embourbée dans des affaires qu’elle traîne comme un boulet. Durant les 10 épisodes, Jessica veut se rapprocher de sa famille en les aidant dans leur situation sociale tendue : en effet sa cousine, sa tante et les deux enfants de sa cousine vivent dans un des quartiers pauvres de Chicago et font face à une expulsion de leur logement. Jessica se met donc en tête de vouloir tout arranger, sans pour autant y arriver. Sans solution, sans imagination, on ne dirait pas que cette femme est la même qui a dirigé d’une main de fer un cabinet d’avocat reconnu de New-York.

Un scénario pas assez clair.

Un autre point faible de cette saison 1 vient de la pluralité de ses intrigues, trop importantes, ou seulement mal gérées. Et la comparaison avec Suits est dramatique pour ce spin-off. Dans la série d’origine, les intrigues secondaires se résolvent en 1 ou 2 épisodes et l’intrigue principale se développe sur la longueur. Notons par exemple que dans la saison 2 de Suits, Harvey et Mike sont occupés avec quelques affaires “mineures” tandis que l’intrigue concernant le retour de Daniel Hardman et la volonté des personnages principaux de l’évincer se développe. L’équilibre est très bien trouvé, c’est ce qui fait la force de cette série. Dans le même genre, l’exemple de NCIS est similaire, avec des enquêtes mineures qui nourrissent la storyline principale.

Dans Pearson, les storylines sont beaucoup moins bien gérées et semblent avoir la même importance. Pendant les 10 épisodes de la saison 1, pas moins de 5 storylines sont développées. Le gros problème avec cette multiplication des intrigues, c’est que nous avons du mal à nous investir dans celles-ci, et le développement des personnages n’est pas permis. Ces personnages auxquels on a du mal à s’attacher, vu que nous ne les voyons qu’au bureau, là où Suits avait fait un très bon travail dans la profondeur de ses héros. L’exemple parfait de ces personnages auxquels on a du mal à s’attacher est celui de Keri.

Pearson : Pourquoi le spin-off de Suits a floppé ?
Notre réaction devant la série

Présentée au début de la série comme le bras droit du Maire, conseillère avisée menacée par l’arrivée de Jessica et qui aurait pu déboucher sur une rivalité intéressante, elle passe son temps à gérer sa relation cachée avec le Maire, et n’a que très peu de poids dans les intrigues. Même sa confrontation avec la femme du Maire tourne au fiasco, puisque présentées comme des rivales, elles font finalement ami-ami et sortent de ce voyage comme des bonnes copines, quelque chose de très peu réaliste. Elle finit même la saison en voulant partir de son job de procureur, pour aller on ne sait où, une fin à l’image du personnage : dispensable. 

Pearson : Pourquoi le spin-off de Suits a floppé ?
La femme et la maitresse faisant ami-ami, assez bizarre (ⓒ USA Network)

Nous sommes d’ailleurs plongés directement dans une intrigue au tout début du premier épisode, sans même savoir où nous sommes, ni ce qui se passe dans la vie de Jessica… Nous la retrouvons déjà embauchée dans son nouveau travail, sans aucune idée de ce qu’elle fait exactement (et ils le disent clairement eux-mêmes au fil des épisodes). C’est brouillon, et cela empêche l’histoire de bien se dérouler.

Une histoire qui tourne en rond

Comme dit précédemment, la qualité que nous retrouvions dans la série d’origine c’est la rapidité avec laquelle Suits terminait ses storylines mineures. 

Dans Pearson, l’histoire tourne en rond et veut être étirée comme la dissertation de philosophie d’un élève pas très inspiré. Prenons exemple sur la relation entre Jessica et sa cousine. Au début ça ne va pas entre elles, après ça va mieux et elle accepte son aide, puis l’épisode d’après ça ne va plus…. Et ça continue encore et encore (c’est que le début d’accord d’accord). L’intrigue autour de Nick et de ses remords est aussi intéressante que de regarder l’herbe pousser alors qu’elle prend énormément de temps d’écran qui aurait pu être utilisé à bon escient.

Beaucoup d’histoires auraient pu se terminer en un ou deux épisodes, pour mieux développer celles qui le méritent, notamment la lutte de la cousine de Jessica pour les droits des personnes pauvres de son quartier. Mais au contraire, les intriguent durent longtemps, on est donc constamment baladés entre chaque histoire, sans qu’aucune trame principale ne se dégage.

Pour terminer sur ce point, notons qu’à cause de l’annulation de la série après la saison 1, certaines intrigues comme le destin de la mère de Yoli restent en suspens, nous ne savons donc même pas ce qui lui arrive. Bien sûr que l’arrêt de la série explique cela, mais c’est symbolique des difficultés de la série à pouvoir finir ses intrigues au lieu de les laisser traîner en longueur.

En effet, de l’épisode 8 au dixième, il n’est presque pas fait mention de sa mère alors que cela aurait pu être fini largement avant la fin de la saison. Une seule de ces intrigues (la situation sociale de la famille de sa cousine) a droit à une sorte de fin, et encore nous restons sur une promesse grandiloquente du Maire, mais aucune fin concrète n’est proposée. 10 épisodes et ne terminer aucune intrigue, là est la plus grosse faiblesse de Pearson.

Conclusion :

Malgré les promesses d’un spin-off d’une série à succès, Pearson déçoit beaucoup. Malgré des performances d’acteurs convenables, l’avancement des intrigues et le rythme plus que lent rend les choses difficiles à regarder. Des personnages moins attachants, un changement de domaine lui aussi déroutant. Passer du droit à la politique, avec une telle différence de statut pour Jessica, voilà les raisons, selon nous, de l’échec de cette série. 

L’idée d’un spin-off de Suits était plus que bonne, mais peut-être aurait-il mieux valu se centrer sur le passé, pour approfondir l’univers de Suits. Pearson souffre de la comparaison avec sa grande sœur et l’annulation est donc assez compréhensible. De plus, les différents organismes d’évaluation d’une série semblent être de notre avis, comme vous pouvez le voir ici.

Si malgré tout vous voulez vous faire votre opinion, nous vous laissons avec la bande-annonce, la série étant disponible sur Amazon Prime Vidéo.

Share This Articles

Leave a Reply

Your email address will not be published. Required fields are marked *

un × quatre =

Tapez votre recherche