Now Reading:

Lupin, une série française de haut vol

Mis en ligne sur Netflix le 8 janvier dernier, les cinq premiers épisodes de Lupin s’avéraient prometteurs dès le premier abord, notamment grâce à une promotion exceptionnelle. Impossible de passer à côté de la campagne digitale mise en place par la plateforme.
Loin de la polémique latente, la rédaction d’AlloSérie est d’ailleurs très satisfaite du casting d’Omar Sy dans le rôle principal. Et comme énormément de personnes, nous avons binge-watché la partie 1 de Lupin à sa sortie, voici nos impressions.

Omar Sy dans le rôle d’un Arsène Lupin des temps modernes

La première chose que je n’ai pas pu m’empêcher de remarquer à l’écoute du nom du personnage principal, Assane Diop, c’est la sonorité similaire du prénom Assane avec Arsène. Quelques lettres de différence, et il suffit d’une prononciation rapide d’Arsène, pour que l’on se rapproche sensiblement d’Assane. On apprécie ici le travail des créateurs de la série (George Kay et François Uzan) tout au long des épisodes, qui jouent avec les anagrammes et les sonorités.

Omar Sy que l’on ne présente plus, vient donc interpréter Assane Diop, fils de Babakar Diop. Ce dernier est accusé d’avoir volé le collier de la Reine appartenant à la famille Pellegrini. Jugé coupable, Babakar se suicide dans sa cellule alors qu’Assane n’a que 16 ans.
Après cet événement, Assane qui est convaincu que son père n’y était pour rien dans ce vol, va tenter de prouver son innocence. Mais celui-ci se retrouve tout seul à la mort de son père (sa mère étant décédée depuis bien longtemps). C’est le policier qui s’occupe de l’affaire, Gabriel Dumont, qui va l’envoyer aux services sociaux.
Ses études, dans un collège privé, ont été payées par un donateur anonyme. Elles lui permettent de rencontrer Benjamin Ferel, son ami de toujours, expert en joaillerie et celle qui deviendra par la suite la mère de son fils Raoul, Claire.

Lupin, une série française de haut vol
(Omar Sy sur le tournage de Lupin © Netflix France)

Omar Sy est d’une justesse millimétrée dans son rôle d’Assane Diop. Non seulement, il se fond parfaitement dans le rôle de l’aspirant Arsène Lupin, mais comme l’un des maîtres-mots de ce dernier est l’illusion, l’acteur se voit ajouter de nombreux rôles à sa palette. Ainsi, Omar Sy endosse plusieurs personnages en un : de l’ingénieur informatique au bonnet orange de la mairie, en passant par l’informateur d’une timidité maladive ou encore un millionnaire acquéreur aux enchères.
Sa performance dans la série est impeccable, jamais dans la caricature, il signe un Lupin des temps modernes, roi dans l’art de l’illusion.

Lupin, une série où les apparences sont souvent trompeuses

Dans ces cinq premiers épisodes, Assane Diop base tous ses subterfuges sur les coups décrits dans les histoires de Maurice Leblanc, le créateur d’Arsène Lupin.
C’est comme ça qu’il s’en sort à chaque fois. Devenu maître dans l’art de l’illusion, Assane maîtrise bien des techniques de maquillage, de déguisement et de vol.
En apparence, Assane Diop est un père de famille normal, Paul Sermine est un millionnaire qui a fait fortune dans les puces de smartphone, et Luis Perenna, un petit voyou banlieusard qui travaille en tant qu’agent d’entretien au Louvre. Mais en réalité, ce ne sont qu’une seule et unique personne, Assane Diop, “Gentleman Cambrioleur”.

Lupin, une série française de haut vol
(Assane Diop sur les toits de Paris © Emmanuel Guimier / Netflix)

En terme de décor, on n’a pas pu s’empêcher de remarquer la présence du Sacré Cœur dans bon nombre de scènes des cinq épisodes. Effectivement, cela permet d’illustrer les quartiers les plus côtés, là où les personnes sont moins vigilantes en exhibant plus facilement leur richesse. Les “pigeons” comme les appelle Omar Sy dans la série.
Mais on y a aussi vu autre chose avec le nom du monument : n’est-ce pas pour laver l’honneur de son père qu’Assane se met en quête de vérité ? Ses actions, sont motivées par son cœur et l’amour qu’il a pour son père (et pour son fils). Le nom “Sacré Cœur” raisonne avec l’action d’Assane Diop. Il cherche à innocenter son père parce qu’il l’aime. Le Sacré Cœur pourrait sembler être un clin d’œil aux motivations du personnage principal. Peut-être est-ce là une métaphore visuelle filée…

Si Assane tente par tous les moyens de trouver qui a vraiment volé le collier de la Reine, on finit très vite par comprendre qui est derrière tout ça. À ce sujet, la série vient se poser dans une lutte des faibles contre les puissants. Assane Diop, l’orphelin issu d’un milieu défavorisé (son père était le chauffeur d’un riche chef d’entreprise), contre les puissants, ceux qui ont des associés et des complices partout dans les plus hautes sphères, capables de faire disparaître toutes les preuves contre eux. Ceux qui se battent pour la vérité contre ceux qui ont le pouvoir.

Heureusement pour lui, notre héros a toujours un coup d’avance et il fait même passer la police française pour des incapables. Ce qui nous emmène à beaucoup de rires…

Lupin, une série drôle et bien amenée

La temporalité de la série n’est pas linéaire. De nombreux retours en arrière composent Lupin, qui servent l’histoire.

Dès le premier épisode, la série revient sur le passé d’Assane Diop sous forme de flash-backs. Dans ces flash-backs, c’est l’histoire de son père Babakar en 1995 qui est contée, avec un léger sépia qui nous permet de nous imprégner de l’époque.
Ces retours en arrière introduisent d’ailleurs certains protagonistes du présent comme Claire et Benjamin.

Il y a aussi, dans l’épisode 2 seulement, une légère avance dans le temps de deux jours qui sert les apparences dont je parlais dans le paragraphe précédent. Cette courte ellipse s’inscrit complètement dans l’univers de la série et ne fait qu’appuyer Assane Diop dans son rôle d’incroyable arnaqueur.

En parlant d’arnaque, on a aussi relevé la petite référence à Intouchables avec le vol d’un œuf de Fabergé. Cette particulière arnaque est tellement flagrante, que le rire est garanti.
C’est d’ailleurs ce qui fait aussi le sel de la série, les petites touches d’humour réparties ici et là, avec le running-gag du chien qui aboie à l’évocation d’un nom particulier ou encore l’absence de filtre de Raoul, le fils d’Assane et Claire.
Cet humour contribue au sentiment jubilatoire que l’on éprouve au visionnage de la série.

Un personnage principal quasi-infaillible

Cette jubilation que l’on ressent tout au long des épisodes de Lupin fait l’essence même de la série. Assane Diop est redoutable d’intelligence et de subtilité.

D’épisode en épisode, le téléspectateur est de plus en plus bluffé par les tours que joue Assane à la police mais aussi à ceux qu’il cherche à faire tomber. On a cette impression d’une montée en puissance du personnage que personne ne va arrêter dans sa quête de justice et de vérité.

Lupin, une série française de haut vol
(Assane et le collier de la Reine © Netflix)

Pour autant, lors des deux derniers épisodes de Lupin, on réalise qu’il n’est pas tout à fait infaillible.

Il commet quelques erreurs dans sa recherche de preuves pour innocenter son père. Avec un des protagonistes et avec du matériel qui pourrait lui servir de preuve.
S’il n’est pas infaillible dans son œuvre, il ne l’est pas non plus dans sa vie personnelle. Ce dont on peut se douter dès le début d’ailleurs, si on fait bien attention…

Ces erreurs risquent d’ailleurs de le mettre en péril au fil des épisodes…

Pourtant c’est appréciable de voir que notre héros est quand même humain et qu’il ne peut pas toujours avoir le contrôle sur tout. Puis cela permet de susciter l’intérêt du spectateur et de dynamiser l’intrigue.

Lupin, une série française de haut vol
(Paul Sernine aux enchères au Louvre © Neflix)

En bref,

Au visionnage de Lupin, nos attentes ne sont pas déçues et on ne peut s’empêcher d’être un peu fiers car cette série Netflix est française et elle est très plaisante à voir.

La série est une véritable ode à la justice des petits contre les mensonges des puissants. Elle est très bien réalisée par Marcela Said, Ludovix Bernard et Louis Leterrier (qui est habitué à la réalisation de block-busters).
Dès le premier épisode, le spectateur se laisse très vite séduire par la beauté des décors, notamment par les prises de vue au Louvre.
Le casting est excellent, mené par un Omar Sy impeccablement juste. Lupin peut se targuer d’être un joli hommage à l’ère moderne, de l’œuvre de Maurice Leblanc.

Le seul reproche que l’on a à faire à la série, c’est que 5 épisodes, c’est beaucoup trop peu. La fin nous laisse d’ailleurs sur un suspense indécent.

Plus qu’à prendre notre mal en patience et à espérer que la suite arrive vite cette année.

Lupin, une série française de haut vol
(Affiche de Lupin © Netflix)
Lupin, saison 1 première partie (en cours), disponible sur Netflix.

Share This Articles

Leave a Reply

Your email address will not be published. Required fields are marked *

9 − huit =

Tapez votre recherche