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Le Serpent, l’histoire glaçante de Charles Sobhraj, tueur français à l’internationale.

Le Serpent, c’est LA série du moment sur Netflix. Une énorme promo en amont et une sortie le 2 avril dernier ; plus tard, tout le monde ne parle que de ça. Sans doute car la nouvelle mini-série disponible sur la plateforme la plus plébiscitée des utilisateurs, est basée sur une histoire vraie. Celle de Charles Sobhraj, un tueur en série français véritablement manipulateur et expert en poison qui va faire de nombreuses victimes lors de ses périples au travers de l’Asie.

Après le visionnage des 8 épisodes que compte la série, voici notre avis sur une histoire glaçante, mais une série qui manque de rythme.

Le Serpent, une série portée par un Tahar Rahim d’exception

Toute première scène de la série : on voit Charles Sobhraj face à une journaliste et répondre à ses questions dans ce qui semble être un passé pas si éloigné que ça. Je dois vous avouer que j’ai d’abord cru que cette scène était issue d’images d’archives tellement la ressemblance entre Tahar Rahim et Charles Sobhraj était frappante.
Ambiance donc…

Le Serpent, l'histoire glaçante de Charles Sobhraj, tueur français à l'internationale.
Tahar Rahim en tant que Charles Sobhraj dans la toute première scène de la série Le Serpent – © Mammoth Screen – BBC

L’un des points forts de la série est sans conteste Tahar Rahim dans le rôle principal, impeccable dans son rôle. Vous savez qu’un acteur est bon lorsqu’il vous fait haïr un personnage et même le craindre ; l’acteur français coche ces deux cases.

Quelle performance, vraiment. Tahar Rahim a parfaitement incarné le tueur français. Il apparaît froid, détaché de toute émotion, uniquement attiré par l’argent. Ses traits sont toujours indéchiffrables mais, lorsque le personnage rentre dans une colère noire, un sentiment de frisson d’effroi ne peut que vous traverser.

Il passe d’un anglais impeccable à un français parfait (normal) ! L’acteur est à l’aise dans les deux langues et ça se sent. Cela n’en rend d’ailleurs sa performance que meilleure, d’autant plus qu’il s’exprime même en thaïlandais.

Je ne peux que louer le choix de l’acteur qui est véritablement impeccable dans ce rôle de tueur effroyable.

Le Serpent, l'histoire glaçante de Charles Sobhraj, tueur français à l'internationale.
Charles Sobhraj (Tahar Rahim), un homme inquiétant sous une apparence chic – © Mammoth Screen – BBC

Un casting bien choisi qui ajoute à la crédibilité de la série

Le reste du casting est tout autant louable que Tahar Rahim. Qu’il s’agisse de Billy Howle et Ellie Bamber dans les rôles de Herman et Angela Knippenberg, les premiers à enquêter sur les meurtres perpétrés par Le Serpent. Ou encore de Mathilde Warnier et de Grégoire Isvarine qui incarnent Nadine et Rémi Gires, les voisins de Charles Sobhraj. Tous les acteurs sont à la hauteur dans leur rôle et garantissent une vraie crédibilité dans l’histoire.

J’aimerais juste m’arrêter sur le cas de Jenna Coleman qui interprète Marie-Andrée Leclerc. De nombreuses critiques ont été émises concernant son casting. En effet, Marie-Andrée est québécoise et si vous regardez la série en version originale, vous vous rendrez compte qu’on ne prend pas une seule seconde Jenna Coleman pour une québécoise. La faute à son accent américain trop prononcé. Cependant, il faut bien avouer que le français est une langue extrêmement difficile à parler, donc j’aurais tendance à être indulgente avec ça. Sans compter qu’hormis les passages en français, la performance de Jenna Coleman est admirable. On a face à nous une actrice qui joue un rôle dans un rôle, concernant le personnage de Marie-Andrée. On est très longtemps troublés par son comportement avant de finalement le comprendre.

Le Serpent, l'histoire glaçante de Charles Sobhraj, tueur français à l'internationale.
Marie-Andrée Leclerc (Jenna Colman), complice ou victime de Charles Sobhraj ? (© BBC – Mammoth Screen)

Point à relativiser donc. Cependant, la véritable Nadine dans la vie, a émis quelques réserves concernant le casting. Elle a avoué avoir été déçue par le casting de Jenna Coleman qu’elle ne trouve pas crédible et par celui d’Ellie Bamber qui incarne Angela Knippenberg, et qui est une “poupée blonde”, alors que ce n’était pas le cas en vrai.

Une histoire effroyable

Une chose est sûre, après avoir vu Le Serpent, vous allez sans doute être moins motivé pour partir en voyage. En effet, Charles Sobhraj dit Alain Gauthier s’en prenait aux touristes qui débarquaient sur le sol asiatique. Ceux qui avaient l’air un peu “hippie” ou “bohème” et qui étaient très crédules. Avec Marie-Andrée dite Monique, ils se faisaient passer pour des diamantaires. Ils invitaient chez eux leurs futures victimes, les droguaient à leur insu en mettant des drogues dans leurs verres puis les gardaient chez eux afin de les “guérir” avec un traitement médicamenteux, qui finalement les empoisonnait petit à petit.

Le Serpent, l'histoire glaçante de Charles Sobhraj, tueur français à l'internationale.
(À gauche une photo d’archive de Charles Sobhraj et Marie-Andrée Leclerc, à droite la photo recrée dans la série Le Serpent avec Tahar Rahim et Jenna Coleman, la ressemblance est frappante !)

Charles était secondé par Ajay qui l’aidait à achever ses victimes. Une fois morts, ils volaient les passeports, l’argent et les pierres précieuses des gens afin de les revendre.

C’est sur ce mode opératoire que Charles Sobhraj, dit Le Serpent, a tué une bonne dizaine de touristes sur le sol asiatique, de la Thaïlande, en passant par l’Inde ou encore le Népal.

Lorsqu’un couple de touristes hollandais est retrouvé mort carbonisé, c’est Herman Knippenberg, un diplomate néerlandais qui va remonter la piste, accompagné de sa femme puis de Nadine et Rémi jusqu’au désormais célèbre tueur.

Un manque de rythme qui dessert la série

Le Serpent est une bonne série dont l’histoire est véritablement prenante, portée par un casting impeccable. Cependant la série contient un vrai point négatif : le rythme.

Le Serpent est organisée selon un schéma d’avance et de retour dans le temps. Si certains téléspectateurs ont pu trouver cela perturbant, ce n’est pas la critique que j’émettrai. Personnellement, j’ai trouvé que cela ralentissait énormément le rythme de la série.

C’est bien simple, les 5 premiers épisodes sont l’expression d’un certain “sur place” dans l’intrigue. J’ai même mis un peu de temps à continuer la série car je n’avais pas l’impression d’avancer dans l’intrigue. Ce n’est que les 3 derniers épisodes qui permettent aux événements de s’ammonceler afin de précipiter la chute de la série.

Le Serpent, l'histoire glaçante de Charles Sobhraj, tueur français à l'internationale.
Un couple dont il ne faut pas croiser le chemin – © Mammoth Screen – BBC

Sur la fin également, j’ai trouvé des problèmes de rythme mais dans le sens inverse justement, avec l’enchaînement un peu rapide jusqu’à la fin.

La série Le Serpent aurait mérité un meilleur équilibre dans son rythme pour être définie comme très bonne. Dommage donc.

En bref,

Le Serpent est une bonne série, que je ne qualifierai sans doute pas de série de l’année. En effet, les problèmes de rythme de la série sont impossibles à ne pas remarquer et cela diminue la qualité de celle-ci.

Cependant, l’histoire est très intéressante et semble extrêmement bien documentée, de telle sorte qu’elle correspond en majeure partie à la réalité des faits. On a toujours tendance à être plus emballés par une série qui est tirée d’une histoire vraie. C’est je pense, ce qui fait son succès si retentissant. Cela mais aussi et surtout l’excellence de jeu de Tahar Rahim dans le rôle titre.

Le Serpent n’aura certainement pas de suite puisqu’elle s’achève avec un bilan personnage par personnage et se clôt de sorte qu’il n’y a rien de plus à ajouter. Cette histoire adaptée en série, même si elle n’est pas parfaite, vaut le coup d’œil ! On recommande.

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