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Le Jeu de la Dame, la série qu’on se surprend à aimer

Le 23 octobre 2020, Netflix a mis en ligne Le Jeu de la Dame. La série a fini par connaître un immense succès au fil des visionnages avec des spectateurs subjugués. Elle est encore à l’heure actuelle dans le TOP 10 Netflix France pour la 4ème semaine consécutive !
Retour sur une série que l’on n’attendait pas…

Premières impressions…

D’une manière très personnelle, j’attends toujours un bon moment avant de regarder une série dont tout le monde parle pour éviter « l’effet soufflé » et avoir trop d’attentes qui finissent par être déçues.
Au moment où Le Jeu de la Dame est sorti, j’avoue que je n’étais pas tentée de regarder la série. Les échecs ? Très peu pour moi.
Pourtant les commentaires positifs continuent à affluer et je n’ai plus rien à voir… Autant me faire ma propre opinion.
Résultat ? J’ai bingé la série en 24h et je suis partie me coucher à plus d’1h du matin pour la terminer.

Une vraie bonne surprise

Le constat que je fais raisonne avec celui de beaucoup de personnes : on peut ne rien y connaître aux échecs et être pris de passion par la série.
C’est là où Le Jeu de la Dame tape un grand coup. Les échecs restent tout de même un loisir de niche. Il semble à première vue, difficile d’intéresser les spectateurs sur un thème qui ne les passionnent pas au premier abord. Défi cependant relevé haut la main par Scott Franck et Allan Scott, créateurs de la série.

Alors pourquoi un tel succès ?

Un personnage principal travaillé : complexe et envoutant

Beth Harmon est le personnage principal interprété par Anya Taylor-Joy. Dès le début, le spectateur est saisi par l’histoire de Beth, qui se retrouve orpheline dès le plus jeune âge à la suite d’un accident de voiture dans lequel décède sa mère. Les services sociaux vont la conduire dans un orphelinat réservé aux filles. C’est là qu’elle y rencontre le concierge qui va lui apprendre à jouer aux échecs.
Dotée d’un attrait particulier aux maths et à la logique, Beth fait preuve d’un talent inné pour le jeu et intègrera rapidement le cercle restreint des plus grands joueurs d’échecs au monde.
Celle-ci s’illustre en tant que seule femme dans un univers peuplé d’hommes. Mais c’est aussi une femme torturée par les réminiscences de son enfance et par son addiction pour les calmants que distribuent les infirmiers de l’orphelinat.

Beth Harmon est un personnage complexe, que l’on pense inarrêtable dans son ascension mais qui finit par se freiner elle-même par son addiction et son manque de confiance en elle, qui apparaît face aux plus grands joueurs. C’est avec une grande force de résilience, un entourage fiable et une confiance retrouvée, qu’elle finira par se délier de ses démons.

Le Jeu de la Dame, la série qu'on se surprend à aimer
(© Phil Bray / Netflix)

Le Jeu de la Dame, ou une esthétique impeccable

Le sombre contexte de l’orphelinat entraîne le spectateur dans une ambiance lourde. La seule échappatoire, face à une réalité dénuée de perspectives d’avenir, est la montée en puissance d’une fillette de 8 ans dans son apprentissage des échecs.

Les effets spéciaux sont envoûtants avec l’apparition d’un échiquier au plafond dans la chambre d’orphelinat pendant la nuit. On y voit même des simulations de jeu avec des pièces grandeurs natures.

Puis on laisse de côté l’orphelinat, pour les hôtels de luxe qui accueillent Beth et sa mère adoptive lors des compétitions. Anya Taylor-Joy s’applique dans la démarche de Beth si élégante quand elle se déplace dans ces lieux. Les décors sont somptueux de réalisme et nous font tour à tour voyager dans des univers des années 60 très différents.

En plus des décors extrêmement bien travaillés, la styliste de la série s’est amusée sur la garde robe de la joueuse d’échec. Si on prend le temps de le remarquer... En effet, elle a joué de multiples clins d’œil envers l’échiquier avec les carreaux dans de nombreuses tenues de Beth tout au long des épisodes de la série.

Une narration bien exécutée

À mon sens, c’est la narration de la série qui permet de captiver le spectateur. La série débute sur une scène de Beth adulte, dans une chambre d’hôtel à Paris pour une compétition d’échecs. Puis on est emmené dans un retour en arrière qui va nous expliquer comment elle en est arrivée là.

Toute la narration est basée sur l’apprentissage des échecs et le parcours de Beth dans ce domaine. On la voit évoluer pas à pas, depuis ses débuts jusqu’à ses compétitions. Parcours jalonné successivement de réussites, d’une descente aux enfers puis d’une résurrection.

Le spectateur est amené à suivre Beth dans sa vie au travers de son parcours aux échecs.
D’ailleurs, le fait que les acteurs aient réellement appris à jouer aux échecs et que chacun a son propre style de jeu, renforce l’attrait du spectateur et permet d’inscrire la série dans une réalité presque compréhensible.
Je dis presque, parce que même en ayant regardé la série, je n’ai toujours rien compris aux règles…

Le Jeu de la Dame, la série qu'on se surprend à aimer
(Affiche du Jeu de la Dame / © Netflix)

Les relations, au centre du Jeu de la Dame

Bien qu’elles ne soient pas le thème principal de la série, les relations sont étudiées sous leurs différentes formes.

La solitude tout d’abord, avec une Beth qui se retrouve orpheline de mère, ignorée par son père avant de rentrer à l’orphelinat. Solitude qui reviendra lors de sa déchéance mais qu’elle cause elle-même, cette fois-ci, en rejetant ses amis.

L’amitié ensuite, qui reste un élément toujours présent dans la série : lorsque Beth rencontre Jolene à l’orphelinat, celle qui deviendra sa “sœur” pour la vie. Puis avec Benny, Harry et les autres…
L’amitié qui est d’ailleurs illustrée parfaitement, surtout dans le dernier épisode, alors même que Benny affirme “Nous les américains, nous sommes individualistes, nous jouons seuls alors que les russes eux, jouent ensemble”… On ne peut qu’apprécier la contradiction finale.

Et même de l’amour un peu…

En bref,

Le Jeu de la Dame est une série que l’on n’attendait pas, qu’on s’étonne à regarder, et même à vigoureusement apprécier.
Anya Taylor-Joy est exquise dans ce rôle de Beth Harmon, championne d’échecs et on est heureux de retrouver Thomas Brodie-Sangster que l’on avait déjà remarqué, bien plus jeune, dans Love Actually.
Une saison suffit parfaitement à raconter une histoire bien écrite, complexe et envoutante que l’on n’a pas envie d’arrêter.

Le Jeu de la Dame, saison unique, disponible sur Netflix.
(Bande annonce VF du Jeu de la Dame / © Netflix)

Une série étonnante qui nous embarque dans son histoire
  • Ambiance
  • Scénario
  • Personnages
  • Musique
  • Intérêt porté à la série
Une série étonnante qui nous embarque dans son histoire

Le Jeu de la Dame réussit à emballer les spectateurs avec une histoire sur une championne d'échecs. La prouesse est telle que l'on n'a pas envie une seule seconde de lâcher la série avant la fin. Anya Taylor-Joy brille dans son incarnation de Beth Harmon, et on a qu'une seule envie : jouer une partie avec elle !

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