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Chambre 2806, plongée au cœur de l’affaire DSK

L’affaire DSK est de nouveau dans l’actualité avec la sortie de Chambre 2806, le 7 décembre dernier sur Netflix.
Ce documentaire, réalisé sous la forme d’une mini-série de quatre épisodes de 45 minutes environ, revient sur les faits qui marquent – l’avant, le pendant et l’après – Affaire DSK.

La narration de Chambre 2806

La série est basée sur plusieurs éléments : le décor, des témoignages, une revue de presse et sur les décisions des tribunaux.

Au-delà de ces éléments, une certaine chronologie est respectée. Chambre 2806 s’ouvre sur l’appel au 911 (numéro d’appel d’urgence américain) pour reporter l’agression sexuelle de Nafissatou Diallo avec en décor la suite présidentielle. Par la suite, la série n’aura de cesse de jouer sur la temporalité tout du long.

Netflix a donc eu accès à cette fameuse chambre 2806, suite présidentielle du Sofitel à New-York où les faits de l’affaire se sont déroulés. Ils ont également eu l’opportunité d’interviewer Nafissatou Diallo qui nous livre sa version des faits.

Lors de son témoignage, pour le moins exhaustif, la réalisation nous emmène dans les recoins de la suite présidentielle en suivant les propos de la victime. Cela donne au spectateur un sentiment d’immersion et aussi d’imagination pour tenter de comprendre ce qu’il s’est passé ce 14 mai 2011.

Concernant la temporalité, les retours en arrière servent la série afin de dresser les portraits de Dominique Strauss-Kahn et de Nafissatou Diallo avant ce jour-là. Ils permettent aussi aux spectateurs d’essayer de cerner les personnalités de chacun.

Les événements qui suivent l’affaire DSK, servent quant à eux à constater l’impact de cette affaire sur les vies respectives de la plaintive et de l’accusé.

Chambre 2806, plongée au cœur de l'affaire DSK
(Affiche de Chambre 2806 : l’Affaire DSK © Netflix)

Les témoignages

De nombreuses personnalités apportent leur témoignage pour nous permettre d’y voir plus clair sur les événements.

Parmi elles, on retrouve Elisabeth Guigou, ancienne Ministre de la Justice, Jack Lang, ancien Ministre de la Culture et Raphaëlle Bacqué, Grand Reporter au journal ‘Le Monde’.

Les avocats des deux parties sont aussi interviewés : William Taylor et Benjamin Brafman, les avocats américains de DSK, ainsi que son avocat français : Richard Malka.
Douglas Wigdor, avocat de Nafissatou Diallo apparaît lui aussi dans la série. Cependant, Netflix a recours uniquement à des images d’archives pour Kenneth Thompson, son second avocat, car celui-ci est décédé en 2016, des suites d’un cancer.

Pour ce qui concerne les victimes, on retrouve en plus de Nafissatou Diallo, Tristane Banon et Mounia R., qui ont également témoignées de leurs accusations concernant Dominique Strauss-Kahn.

Le dénouement

On le sait tous, Dominique Strauss-Kahn a été exonéré des charges qui pesaient sur lui par le tribunal pénal de New-York et a conclu un accord avec Nafissatou Diallo d’un montant d’1,5 millions de dollars, concernant l’affaire devant le tribunal civil.

Nafissatou Diallo, puis Tristane Banon, ont finalement été les précurseures du mouvement #MeToo sans le savoir, et ont permis peu à peu une libération de la parole de la femme concernant les violences sexuelles commises par des hommes.

La série Chambre 2608 met en lumière tant les éléments à charge mais aussi à décharge de l’affaire. Ainsi, elle revient sur le timing litigieux de l’affaire alors que DSK faisait la course en tête dans les sondages concernant la présidentielle française de 2012.
Une vidéo de deux agents de sécurité en train de célébrer, la réponse reste à savoir quoi ?, vient aussi compléter la longue liste d’événements troublants de cette affaire.

On note aussi la discréditation de Nafissatou Diallo, qui aurait menti sur une affaire de violences sexuelles afin d’obtenir son visa pour entrer aux États-Unis.
Le portrait dressé de DSK est quant à lui dégoûtant : accro au sexe, ayant recours à des prostituées, organisant et prenant part à des parties fines partout dans le monde lors de ses déplacements professionnels, considérant les femmes comme du “matériel” et leur manquant de respect.

La série laisse cependant le spectateur se faire sa propre idée de ce qu’il s’est passé dans cette chambre 2806, le 14 mai 2011.

Chambre 2806, plongée au cœur de l'affaire DSK
(Dominique Strauss-Kahn et Nafissatou Diallo ©Netflix)

L’avis d’AlloSérie

Si je devais retenir un seul mot pour résumer mon visionnage de Chambre 2806, ce serait : malaise. Cette sensation de malaise ne m’a pas quittée de la première à la dernière minute de la série.

Pire encore, le malaise s’est transformé en dégoût lorsque l’on voit Tristane Banon raconter son histoire de tentative de viol par DSK lors de l’émission de Thierry Ardisson et que celui-ci s’écrie “oh j’adore” à la description des faits. C’est sans compter sur les autres personnes présentes qui rigolent à ce témoignage, certes maladroit, mais décrivant des violences…
Thierry Ardisson revient d’ailleurs sur son “j’adore” dans la série et tente de le justifier en disant qu’il visait les potins et non pas la tentative de viol. Mouais…

Le malaise revient quand on a l’impression que les personnalités interrogées essaient de dresser un portrait flatteur de DSK ou exonérateur de sa personne : c’est un homme intelligent et charmant, il a toutes les femmes à ses pieds : pourquoi aurait-il eu recours à la violence et abusé de Nafissatou Diallo ? Cette phrase est reprise mais a été véritablement prononcée par Elisabeth Guigou… On vous laissera juger.

On passera aussi sur le témoignage de Richard Malka, avocat français de DSK (notamment lors de l’Affaire du Carlton de Lille), mais aussi de Charlie Hebdo, très présent dans les médias en ce moment, à la personnalité totalement abjecte, qui certes ne fait que son travail, mais minimise les aspects les plus sombres de Dominique Strauss-Kahn, voire même les cautionne. Contrairement à ses avocats américains, qui eux auront réussi à faire leur travail sans donner une impression de complaisance…

Raphaëlle Bacqué, est la seule qui permet d’avancer de manière objective dans cette affaire. Chaque passage avec elle, permet d’y voir plus clair ou de soulever des questionnements pertinents.

En bref,

Si elle est très bien conçue, Chambre 2806, ne nous apprend véritablement rien de nouveau. Le travail exhaustif de recherche et les interviews de nombreux des protagonistes de l’affaire sont cependant à saluer. Mais ne vous attendez pas à une apparition de Dominique Strauss-Kahn puisque celui-ci a décliné.
Cependant, il donnera bientôt sa version des faits dans un documentaire qui devrait sortir à l’automne 2021.

En attendant, si au visionnage de Chambre 2806, vous avez une grande sensation de malaise, on vous aura prévenus…

Chambre 2806, mini-série, disponible sur Netflix.

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